Codognan au fil du temps

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Les plus anciennes traces de présence humaine à Codognan remontent à 5 000 ans avec une tombe du néolithique découverte en 2013 à Joncante, au sud du territoire communal (cimetières).

Plus près du village, au quartier des Iragnons, des fouilles réalisées au début des années 1980 ont révélé des habitations de l’âge du Bronze ancien, il y a environ 4 000 ans. (article de J.M. Roger & P. Valette)

La colonisation romaine a fortement marqué le village avec l’aménagement, en 118 avant JC, de la voie Domitienne (Domitienne) le long de laquelle étaient érigés des monuments funéraires. (autel)

Cette route antique franchissait le Rhôny au niveau du chemin des Lavandières (traversée Rhôny)  et marque toujours la limite entre Codognan et Vergèze.

Au sud du village, l’actuel mas de Doulouzargues a succédé à deux anciens établissements religieux ; le monastère St Saturnin de Nodels, fondé en 791 et le prieuré St Vincent d’Olozargues dont l’église est mentionnée dans un acte de 1156 : Ecclesia Olodanicis.

Les moines offraient l’hospitalité aux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle en les hébergeant dans un  hospital  qui a donné son nom au pont de l’Hôpital franchissant le Rhôny un peu plus au sud. (article de F. Gébelin)

Au Moyen Age apparaissent les premières mentions écrites du village, Codonianum en 1094, Codonhiano en 1386, regroupé autour de la Place (place histoire) où se situait l’église St André (église), le cimetière, le four à pain et le puits commun (puits).

En 1322 le village ne comptait que 22 foyers, soit une centaine d’habitants et dépendait de la baronnie de Calvisson dont le plus célèbre seigneur fut Guillaume de Nogaret, conseiller du roi Philippe le Bel.

16e siècle

Au début des années 1560, le village adopte massivement la Réforme et devient presque entièrement protestant (temple). En 1598 Henri IV signe l’Edit de Nantes qui met un terme aux guerres de religion. Pendant quelques décennies, une église et un temple, aujourd’hui disparus, cohabitent tant bien que mal au centre du village (cloche). En 1685 Louis XIV révoque l’Edit de Nantes et interdit le culte réformé. De nombreux huguenots quittent Codognan et vont s’établir en Suisse, Allemagne, Pays Bas…

Le protestantisme s’organise dans la clandestinité et renaîtra avec vigueur et diversité après la chute de l’Ancien Régime. (chapelle).

Lors de l’aménagement du Grand Chemin de Montpellier à Nîmes (l’actuelle RN 113) une chaussée surélevée sur arcades permet de franchir tous les bras du Rhôny (Rhôny) aux abords du quartier des Baraques qui devient alors un lieu de passage et d’activités (Baraques).

La Révolution ne divise pas trop les Codognanais qui étaient  plus girondins que montagnards.

18e siècle

Les trois cultures traditionnelles méditerranéennes ; vigne, olivier, céréales, étaient depuis l’Antiquité à peu près équitablement représentées à Codognan (céréales). Avec le creusement du canal du Midi et la création du port de Sète au 17ème siècle, et surtout avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer Nîmes – Sète en 1845 (voies) la région se spécialise dans la viticulture (bascule)

Afin de stocker et d’exporter la production croissante de vin, la tonnellerie devient une activité artisanale majeure à Codognan. (artisanat)

19e siècle

Entre 1800 et 1900, la population de la commune augmente et passe de 462 à 867 habitants, ce qui entraine la création de nouveaux bâtiments municipaux ; Hôtel de ville (mairie) écoles (écoles), tour de l’horloge (horloge).

Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis Napoléon Bonaparte organise un coup d’état visant à établir l’Empire. Les Codognanais, majoritairement républicains et opposés à cette prise de pouvoir décident, avec les habitants de la Vaunage, de marcher sur Nîmes et la préfecture.

Cependant, face à l’armée qui les attendait à Caveirac, les Codognanais seraient revenus sur leurs pas « en courant comme des lapins », aux dires de leurs voisins… qui n’avaient été guère plus téméraires !

A la suite de cet épisode tragi-comique, les habitants de Codognan ont hérité du sobriquet de « lapins blancs »  (lapin). Cet animal est régulièrement représenté lors des festivités populaires qui animent le village, en particulier sur la place de la République (place traditions).

La deuxième moitié du 19ème siècle et le début du 20ème voient se succéder les crises viticoles. La plus grave est celle du phylloxéra un insecte ravageur qui détruisit l’intégralité du vignoble régional dans les années 1870 et ruina l’économie du village qui perdit, à cette occasion, 15% de sa population.

En 1907, la révolte des vignerons du Midi éclate en raison de la mévente des récoltes, de la surproduction et de la concurrence des vins étrangers.

20e siècle

Le début du 20ème siècle voit un natif du village accéder à des fonctions nationales et devenir parlementaire. Louis Méjean, né à Codognan le 5 juin 1874, était issu, par sa mère, Adèle Sanier, d’une vieille famille locale. Elu sénateur de 1924 à 1934, il avait participé, aux côtés d’Aristide Briand, à la rédaction de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

À partir de 1903, l’exploitation industrielle de la source des Bouillens toute proche, permet à de nombreux Codognanais de trouver des emplois à l’usine d’embouteillage de l’eau Perrier.

La première guerre mondiale voit partir au front la majorité des hommes de 20 à 45 ans. Vingt d’entre eux ne reviendront pas.

En 1921 un Monument aux Morts est érigé afin d’honorer leur mémoire (monument).

Dans les années 1920, les Codognanais peuvent enfin bénéficier de l’eau courante dans les maisons grâce à la construction d’un château d’eau et de lavoirs modernes (lavoirs).

La deuxième moitié du 20ème siècle est marquée par une véritable explosion démographique, la population de Codognan ayant presque quadruplé entre 1946 et 2005, passant de 643 à 2487 habitants !

Lors de cette progression la zone urbanisée voit sa superficie multipliée par cinq.

Cette progression est due à plusieurs causes : un taux de natalité record dans les années d’après-guerre, l’installation de familles d’origine cévenole, italienne, espagnole… et l’attrait des communes moyennes situées à proximité des grandes villes.  Dans le même temps, les crises viticoles récurrentes ayant entrainé l’arrachage massif de vignes aux abords du village ont favorisé l’implantation de nombreux lotissements.

Les traditions taurines ont marqué et marquent toujours la vie du village et les arènes en sont le lieu symbolique (arènes) & (traditions taurines).