Le village

Histoire de Codognan

La première mention du village apparaît en 1094 dans le cartulaire de l’Abbaye de Psalmody, sous le nom de CODONANIUM aux abords de la Via Domitia (ouverte en 118 avant Jésus-Christ).

On peut en voir les vestiges sur le chemin de la Monnaie. Cette voie Domitia franchissait alors le Rhony à gué.

Durant le Moyen Age, CODOGNAN dépendait alors du fief des seigneurs de Calvisson, dont un des plus célèbres fut Guillaume de Nogaret. Les guerres, les épidémies ( peste) décimèrent la population qui de 22 feux en 1322 passa à 2 feux seulement, soit une dizaines de personnes en 1384. Les guerres de religion apportèrent également leur lot de destructions et de morts. Le calme revint dans la région à la promulgation de l’Edit de Nantes par Henri IV, le 13 avril 159.

Presque cent ans plus tard, à la révocation de l'Edit de Nantes, le 18 octobre 1685,à la suite des persécutions menées par les dragons du maréchal de Villars sous Louis XIV, une centaine d’habitants fuient le village pour s’installer à l’étranger (Suisse, Allemagne, Pays-Bas).

Le siècle du Roi Soleil vit aussi naître la Route Royale (actuelle RN 113) permettant des déplacements rapides qu’ils soient militaires ou échanges commerciaux liés à une économie faste (vigne, céréales, olives).

La population augmente (400h en 1789) ; la Révolution ne divise pas trop les Codognanais qui «  étaient acquis par avance aux grandes réformes de 1789-1790. Par contre, ils furent plus girondins que montagnards » (*)
Le XIXe voit l’arrivée du chemin de fer ; la voie ferrée construite en 1845, de Nîmes à Cette – Sète maintenant- par Paulin Talabot permet l’accélération des échanges commerciaux et assure une certaine prospérité au village. La population passe à 880 habitants en 1860. Sont entrepris alors des grands travaux dans le village : construction du temple (1855), de l’horloge (1857) ; les écoles et la mairie seront édifiées plus tard.

Le coup d’Etat  du 2 décembre 1851 du Prince ¨Président Louis Napoléon Bonaparte ( surnommé dans la région Badinguet) vaut aux Codognanais la totemisation de leur actuelle effigie, le lapin des champs. En effet, voulant défendre la République, ils allèrent à Nîmes protester, et face à l’armée qui prenait position, détalèrent «como di  lapin de camp»,expression  toujours en vigueur de nos jours.

A la fin du XIXe , la catastrophe du phylloxera ruina l’économie.
Le XXe voit : en 1907, la révolte des vignerons, en 1914-18 la Grande Guerre, en 1919-1945  la Seconde Guerre mondiale, toutes ces tragédies affectèrent le village. Mais CODOGNAN garda une population assez stable grâce à l’immigration d’italiens puis d’espagnols à qui se joignirent des cévenols, des aveyronnais.

Quant au XXIe qui entame sa deuxième décennie,  aucun évènement marquant  n’est venu bouleverser la vie de CODOGNAN.

Il est cependant plaisant de faire remarquer que notre village eut son homme célèbre , au siècle dernier et dont on parle peu : Louis MEJEAN.

CODOGNAN a vu naître le 5 juin 1874, Louis MEJEAN qui a été conseiller général du Gard, sénateur ; il était issu, de par sa mère, Adèle SANIER, d’une vieille famille codognanaise.
Elu sénateur de 1924 à 1934, en remplacement de Gaston DOUMERGUE, devenu Président de la République, il participa aux côtés d’Aristide BRIAND, à la rédaction de la loi de 1905, sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Louis MEJEAN est décédé le 13 janvier 1955.
(*) extrait d’un article ( sur le net) signé Pierre Fanguin, professeur agrégé d'histoire, in carrefour-culturel-codognanais


Dans cette rubrique